Travaux > 1997/? > kdi dctb 056
[m²]
kdi dctb 056 est une série d'actions et d'expérimentations sonores visant à limiter le champ d'exploration du monde sonore à des superficies de 1m².
Des carrés de 1m*1m, pouvant être situés dans tout type d'environnement, sont sélectionnés, délimités et explorés en termes sonores jusqu'à épuisement / satisfaction, par écoute et enregistrement. Les matériaux récoltés sont la source de compositions sonores ou de tournages sonores bruts (Phonographie) et sont donc, soit un compte rendu de l'expérience, soit une abstraction.
Les interrogations qui sous-tendent kdi dctb 056 sont multiples :
- la question « qu'entends-je dans ce lieu ? » : l'écoute microscopique et les changements de « point d'écoute » (Qu'entend t-on au niveau du sol, à l'échelle du brin d'herbe ?) et les changements qui s'opèrent sur le matériau sonore en fonction de ces paramètres (principalement, ici, dans le cas de l'émission) ; une superficie aussi réduite est-elle à même de qualifier un milieu sonore ? (Sur ce point, le projet vise à révéler une richesse forcément inatendue) ;
- la question « qu'entends-je depuis ce lieu ? » : le m² est aussi une superficie forcément réceptrice car non coupée de son environnement immédiat ou plus éloigné - quels décalages surviennent à cette échelle ? Ce point est en lien avec mes interrogations sur le caratère omnidirectionnel du son et l'impossibilité d'abstraction de « l'autour » (Cf. les suspicions justifiées de Michel Chion au sujet du « paysage sonore ») / du cadrage ;
- globalement les questions et les changements d'échelles - c.a.d. prise en compte de tous les événements pouvant survenir dans une superficie aussi réduite (Ce point est à détailler) ;
- la découverte du territoire - réduite ici presque à son minimum dans 2 directions :
- la volonté de faire corps au maximum avec un lieu, dans sa découverte, sa connaissance, son exploration, son intimité ;
- la volonté quasi-provocatrice (...) de prendre le contre-pied des tendances sociétales qui laissent à penser que l'inconnu est chaque jour encore un peu plus loin - en distance - (le voyage toujours inaccessible mais rêvé, l'aventure pré-machée, etc.), alors qu'il se creuse, en définitive, à notre porte, faute de curiosité ;
- c'est ce même dernier élément, d'ailleurs, qui me pousse à l'exploration de lieux qui peuvent, au premier abord, paraître « sans intérêt » (Ce point est à détailler) ;
- les matériaux de création réduits à leur minimum, l'épuisement du son...
Le tout n'en reste pas moins une vision sensible motivée par une approche principalement auditive, mais sans coupure avec les autres sens, du lieu.
Premiers travaux :
- kdi dctb 056 [a] (01/1997) - Mont Larron (87)
- kdi dctb 056 [b] (01/1997) - Chauverne-Neyre (23)
- kdi dcrb 056 [c] (01/1997) - Beaumont-du-lac (87)
X